Omicron, le nouvel inconnu dans l’équation du Coronavirus qui inquiète

Omicron, ce n’est pas le nom d’un gadget dernier cri ou d’une invention prometteuse; c’est malheureusement le nom attribué par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au nouveau variant du SARS-CoV-2 découvert en Afrique du Sud ce mercredi.

Devant l’inquiétude, des premières hypothèses…

Jugé préoccupant par l’OMS, le groupe d’experts de l’organisation évoque « un risque accrue de réinfections »; alors que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies pose l’indicateur « élevé à trop élevé » en Europe. De son côté, le ministre de la santé de l’Afrique du Sud Joe Phaahla parle d’une menace majeure.

Ainsi, les institutions sanitaires internationales et relatives à chaque pays s’attardent sur l’étude des caractéristiques de ce variant. Une démarche nécessaire pour cerner les propriétés d’Omicron; pour notamment, juger du degré de sa transmissibilité et de sa virulence, étudier ses mutations, et évaluer son effet sur les outils de diagnostic, de traitement et de vaccination. La finalité ultime de ses études étant d’avoir une visibilité pour hiérarchiser les activités de surveillance et de recherches, et orienter les actions à prendre pour endiguer la propagation du virus.

Potentiellement contagieux, la communauté scientifique internationale ne dispose que d’une série d’hypothèses pour l’instant dans sa démarche d’identification du nouveau variant. À priori le plus inquiétant depuis l’apparition du variant Delta, il serait à l’origine de la flambée que connaît l’Afrique du Sud cette dernière semaine d’abord attribuée à son prédécesseur. Un constat confirmé par l’Institut national des maladies transmissibles de l’Afrique du Sud, qui soulève une augmentation exponentielle du nombre de cas détectés dans la province de Gauteng.

Hypermuté, ce variant présente des mutations supplémentaires sur la protéine Spike caractéristique du virus SARS-CoV-2; avec une mutation qui mérite tout intérêt, la N501Y qui le rendrait plus transmissible que les variants Alpha, Bêta ou Gamma. Des mutations qui pourraient attribuer au variant la faculté de contourner certaines parties du système immunitaire. Depuis son apparition qui remonte d’après les premières estimations au 10 novembre, moins de 100 cas sont recensés dans le monde, et les autorités compétentes ne disposent toujours pas d’informations sur l’état de santé des personnes infectées.

…Et des pays qui s’enfermentLe fermeture des frontières, quelle efficacité?

Interrogé sur ces mesures, Christian Lindmeier a rappelé quelle était la position officielle de l’OMS à ce sujet.

« L’OMS recommande aux pays de continuer à appliquer une approche scientifique et fondée sur les risques lors de la mise en œuvre des mesures relatives aux voyages, conformément aux recommandations temporaires du Comité d’urgence […]. À ce stade, encore une fois, la mise en œuvre de mesures de restrictions aux voyages est déconseillée », a-t-il dit.

Plusieurs scientifiques interrogés au lendemain de l’apparition du nouveau variant, restent sceptiques quant à une fermeture qui s’avère être tardive face à un variant déjà détecté dans plusieurs pays.

Avec ces mesures entourées d’incertitudes, ce sont des milliers de voyageurs qui subissent les conséquences. Les aéroports deviennent alors des scènes dignes de scénarios apocalyptiques; avec des itinéraires modifiés, des tarifs exorbitants, des quarantaines coûteuses et une indignation face à une fermeture fortement remise en cause.

La place de la vaccination dans le paradigme Omicron

« Les informations sur ce nouveau variant devraient rendre plus évident que jamais que cette pandémie ne prendra pas fin sans vaccinations au niveau mondial », a déclaré Joe Biden dans un communiqué, appelant aussi à donner plus de vaccins aux pays pauvres.

Alors que le ralentissement des campagnes de vaccination est considéré par certains comme un catalyseur des mutations du virus, les institutions en charge du suivi de la pandémie s’interrogent sur l’efficacité du vaccin devant ce nouveau variant, surtout que la dernière mutation nommée Delta a réduit de 40% l’efficacité du vaccin. Se prononcer sur l’efficacité des vaccins est indéniablement précoce; mais à l’instar des péripéties qui ont suivi l’apparition des variants précédents, les grands fabricants des vaccins anti-Covid exposent, sur un ton qui combine confidence et certitude, la dose de l’émancipation. Un pas jugé prématuré par l’Agence européenne des médicaments.

Moderna a annoncé alors le développement d’un vaccin candidat avec une dose spécifique à Omicron. Alors que Pfizer associé à BioNTech dressent un délai de deux semaines pour obtenir des résultats concluants sur la réaction du nouveau variant au vaccin. Ils avancent cependant leur aptitude à ajuster le vaccin en moins de six semaines avec une livraison des premières doses qui suit dans 100 jours, dans le cas où un nouveau variant fait son apparition.

Des allures de retour à la case de départ se dressent devant un nouveau variant qui bouleverse les prédictions et les décisions. L’émancipation pourtant imminente il y a quelques mois n’est plus d’actualité. Devant l’inconnu, la précaution et le respect des mesures barrières est la seule arme que détient la population humaine dans une guerre loin d’être gagnée.


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