Reporters Sans Frontières: 71 journalistes ouïgours détenus en Chine

La restriction de la liberté d’expression prend au quotidien de l’ampleur dans l’empire du milieu. Après le retrait de plusieurs réseaux sociaux, la répression touche maintenant les journalistes. Un constat loin d’une nouveauté dans un pays où sévissent encore différentes pratiques qui tentent de museler un droit pourtant acquis à l’échelle internationale.

C’est sur ce phénomène que s’attarde Reporters Sans frontières qui estime qu’au moins 127 journalistes sont en détention dans l’ensemble du pays, dénonçant ainsi dans son rapport -Le Grand Bond en arrière du journalisme en Chine-: « une campagne de répression sans précédent menée par le régime chinois au cours des dernières années contre le journalisme et le droit à l’information dans le monde entier ».

L’association de défense de la liberté de la presse s’intéresse par ailleurs à une facette de cette répression qui se base sur le critère ethnique en outre de la fonction. Ils seraient alors 71 journalistes de l’ethnie musulmane ouïgoure en détention suivant les statistiques de RSF. Un constat qui s’inscrit dans le cadre de la répression souvent dénoncée que subit cette ethnie du Xinjiang dans le nord-ouest du pays. Parmi les détenus des figures intellectuels comme Ilham Tohti, lauréat du prix Sakharov 2019 du Parlement européen. Ce dernier était en charge d’un site Web où il relatait le quotidien de sa minorité face aux agissements du gouvernement chinois.

Ainsi, les associations de défense des droits de l’Homme font état d’un million de détenus enfermés dans des centres de rééducation politique. Un chiffre fortement discrédité par l’euphémisme du régime qui parle de stagiaires dans des centres de lutte contre la radicalisation.

La liberté d’expression est fortement absente dans le pays communiste. Alors que le Xinjiang est fortement sous le joug étatique qui y interdit toute activité journalistique indépendante, le reste du pays n’échappe pas à la censure aussi. Devant cette situation, 18 journalistes étrangers ont quitté la Chine, alors qu’une journaliste australienne travaillant pour une chaine de télévision chinoise fut arrêtée. Et ce ne sont pas moins de 10 journalistes qui sont arrêtés pour leur couverture de la quarantaine imposée à Wuhan au tout début de la crise sanitaire liée au Covid-19.


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